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Portrait de José Brito
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parc naturel régional de la Brie et des deux Morin Morins

La première lettre d'information publiée au nom du projet de PNR de la Brie et des deux Morin, appelée "Le Journal", est parue à l'occasion du Congrès des maires de Seine-et-Marne, le 2 octobre 2009, où elle était distribuée dans la sacoche remise aux participants. Début novembre les associations et les habitants n'en avaient pas encore été destinataires.

Si, dans son éditorial, Michel Vampouille y fait un appel : "Élus, experts, habitants, soyez acteurs de cette réflexion", il faut constater que la mise en pratique n'est pas au rendez-vous. Car en effet, ce journal, dont il convient de féliciter l'initiative, ne fait guère de place à la société civile.
Ainsi, il présente page 2 "les principaux acteurs en présence" : la Région, le département, l'association des élus et l'État plus deux "acteurs" dont l'implication est saluée : l'IAU (institut d'aménagement et d'urbanisme de la Région Île-de-France) et Infoggara. Rien n'est dit des véritables acteurs locaux : chambres consulaires, organisations professionnelles, associations, habitants. Pas même les communes, qui sont peut-être représentées par l'association des élus ? Or l'IAU et Infoggara ne sont pas des "acteurs" du territoire : ce sont des cabinets d'études. Ils travaillent aujourd'hui ici, demain ils travailleront ailleurs, même si l'IAU a une mission de service public et une ampleur qui la différencient d'Infoggara.

Pourquoi une présentation si restrictive ? Faut-il la mettre en parallèle avec le fait qu'en deux ans et demi beaucoup de choses ont été faites, peu ont été communiquées ? Le projet de PNR semble vivre de manière institutionnelle, insuffisamment ouvert à la société civile, à la population.

Fin juin 2009, l'association des élus a ouvert un site Internet. Il a été présenté aux élus lors de la réunion de rendu des travaux de l'année, le 6 juillet à Coulommiers. Une année de travail s'était déroulée sans que les acteurs les plus concernés en aient été informés. Seuls ceux qui y ont participé, un tout petit nombre, étaient au courant du diagnostic en cours. En effet, la communication a été gérée, depuis le début du projet, de manière hiérarchique : par la seule information des maires, créant ainsi des blocages - involontaires, il ne fait aucun doute - dans la transmission à tous les élus concernés. La démarche envers la population, elle, n'a pas été esquissée.

Ce site Internet est une initiative heureuse. Il est un outil d'information qui dispose de la réactivité et de la rapidité de l'Internet. On peut penser qu'il sera un véhicule central pour animer le débat public. Pour l'instant il est fermé sur lui-même, y compris dans sa forme et dans ses fonctionnalités. Certes, les contributions des associations, pour les deux commissions qui en ont produit, sont en ligne. Deux observations à ce sujet : d'une part elles sont en vrac, sans aucune synthèse permettant de leur donner de la cohérence, sans classement thématique leur donnant un sens; d'autre part elles sont seules. Or ce projet a fait l'objet de nombre de comptes-rendus commission par commission : aucun n'est en ligne. Il est ainsi impossible au tout venant, à l'habitant, à l'association, à l'expert, à l'élu local de disposer d'une chronologie, de suivre le cheminement de la pensée et de l'action, de comprendre les raisons qui ont produit les résultats actuels. En l'état, ce site apparaît très administratif, peu adapté à l'accompagnement de projet, à la pratique d'une démocratie participative.

Dernière remarque, la commission communication est la seule qui n'ait produit aucune trace. Pour toutes les autres, il y a les diaporamas de l'IAU, présentés lors de la réunion plénière du 6 juillet 2009. Mais pour celle-là, rien. Or c'est par la communication que le projet peut se doter d'une gouvernance, ou tout au moins, il ne peut pas y avoir de gouvernance sans une stratégie de communication claire, transparente, identifiée, mobilisée en ce sens.

C'est pour ces raisons que j'ai fait parvenir à l'association des élus une contribution sur la gouvernance du projet, privilégiant l'approche participative de la société civile, une organisation de la gestion du projet facilitant l'intervention à la fois de tous les acteurs du territoire, mais aussi de tous ceux qui y vivent, y travaillent, y entreprennent.

Parc naturel régional de la Brie des deux Morin Morins

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1. oui, communiquons et impliquons-nous

L'initiative de créer ce forum est heureuse.
Faire participer les citoyens est essentiel. Les politiques ont toujours tendance à décider entre eux. L'historique de ce projet de PNR montre qu'il est très mal connu du public. Sur notre site citoyen www.brionautes.com nous avons relayé les événements relatifs à ce PNR depuis 2004, et ils sont assez rares vus du grand public. Démarche initiée par les élus de Couilly en collaboration avec quelques associations, il a ensuité été porté par une association fédératrice. Le travail remarquable qui a été accompli a fini par convaincre les élus de la région qui ont lance officiellement le projet. Maintenant, le projet, sous le controle de la région est piloté par une associattion d'élus, et utilise les moyens des services d'études spécialisés.
Le citoyen dans tout cela est peu informé et peu impliqué.
Le sujet est certes complexe et demande un intérêt et un investissement personnel. Les moyens ne suffisent donc pas, il faut aussi que les citoyens aient envie de participer à ces discussions.
Pourtant les enjeux sont importants :
- la définition du territoire concerné qui risque de se réduire comme peau de chagrin (avis de l'état, études diverses, lobbies politiques et urbanistiques, ...).
- les risques d'urbanisation galopante du côté ouest du territoire.
- les projets de développement locaux.
- les évolutions des structures locales et de la fiscalité locale qui risquent d'impacter un tel projet.

Portrait de José Brito

2. Il n'y a pas de fatalisme

Monter un projet de territoire, c'est confronter des opinions, des intérêts, des craintes, des idéologies, des positions de personnes ou de groupes... Confronter, et non affronter.

Mais tous ces points de vue, qui ont leurs justifications internes, forment notre tissu social. Nous vivons avec eux, nous nous côtoyons, PNR ou pas PNR. Il ne sert à rien de chercher à les gommer, il faut au contraire que tout le monde puisse se parler : les idées se partagent, s'emmêlent, contribuent chacune à faire évoluer l'autre, mais à une condition, qu'elles s'expriment.

Une fois exprimées, il est possible alors de voir en quoi elles se complètent et en quoi elles s'opposent, puis de chercher les points communs et surtout les voies communes : c'est alors qu'on définit les contours d'un projet.

Pour que ces expressions aient lieu, il faut créer des lieux d'expression et de confrontation, c'est-à-dire des face-à-face, qui organisent à la fois la possibilité de dire et celle de synthétiser, puis les rapprochements et enfin les arbitrages suivis des décisions.

C'est le sens de ma contribution. Les méthodes qui consisteraient à définir en vase clos, ou par certains acteurs sans associer les autres, sont des méthodes d'échec : elles divisent au lieu de rassembler et finissent par diviser aussi au sein du camp qui aurait voulu se réserver le monopole.

Seule la plus large ouverture à tous peut garantir le succès d'un projet de territoire. Sans unanimisme mais avec un consensus suffisant. Dès lors, il n'y a plus de risques, il n'y a que des opportunités et ce qui dans certaines conditions pouvait apparaître néfaste, peut aussi, en évoluant, se révéler intéressant. C'est toujours pareil : il faut se parler, s'écouter et s'entendre.